Debout!, son héritage

Il n’y a même pas un mois l’exposition Debout! se terminait. Mais aujourd’hui encore (et sans doute pour un bon bout de temps) cette exposition d’envergure internationale me (nous) marquera comme une gifle reçue en pleine gueule. Amateur d’art, collectionneur ou simple visiteur néophyte, nous avons tous franchi la porte de l’enfer pour accéder aux entrailles de la terre (« Lasciate ogni speranza, voi ch’entrate» Divina commedia  – Inferno, Canto III, vv. 1-51) pour être amené au large, très loin, tous sur le même bateau.

 

Une réflexion sur la mort, et bien plus encore

Débout! n’est pas qu’une simple exposition d’art contemporain, c’est avant tout une réflexion sur la mort et une confrontation directe entre les artistes et les
spectateurs
sur la fatalité et les épreuves de la vie que chacun a pu vivre.

En contraste avec ce sentiment d’instabilité, de flottement vers l’inconnu, il y a un site (physique) lui bien ancré dans la terre: le couvent des jacobins, (chef d’oeuvre architectural réhabilité en 2017 par l’architecte Jean Guervilly) situé en plein cœur de Rennes, est le lieu idéal pour accueillir une exposition de cette envergure. Les lignes droites et classiques du bâtiment ainsi que ces grands espaces ouverts nous rattachent au sol. Nous nous sentons rassurés dans cet espace et bien vivant face à ses œuvres puissantes qui demandent juste à être contemplées et/ou comprises.
Sans le savoir, nous avons créé un lien invisible entre nos vies et les leurs, simplement parce qu’elles sont le reflet de nous-même.

Comment rester insensible au pardon d’Hitler dans Him de Maurizio Cattelan (lui pardonnerez_vous?) ou encore au 9 vitrines apocalyptiques de frères Chapman Fucking Hell (Avez-vous trouvé Hitler en peintre du dimanche?). Et que dire de ces personnages tout droit sortis du jardin des secrets de Jêrome Bosch?

 

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Maurizio Cattelan, Him, 2001. (credit photo: AP Photo/Mary Altaffer)

 

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Jake & Dinos Chapman, Fucking Hell, 2008. source photo: i.pinimg.com

 

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Hitler en peintre du dimanche, crédits photo: Joel Le Gal

 

Un sublime sentiment de vide

Un mois après la fin de cette superbe exposition que nous laisse Rennes debout?
Je dirais un sublime sentiment de vide: nous avons rapidement décelé, à travers ces œuvres façonnés par les expériences et les épreuves, ce sentiment d’instabilité et la précarité de la vie humaine. Et, nous y avons trouvé, en quelque sorte, un réconfort. Nous ne sommes pas les seuls à avoir goûté à l’enfer (saveur très acidulée). Les artistes, à travers leur travail, nous prouvent qu’ils l’on eux-mêmes expérimenté. Et, une fois les œuvres remballés, nous sommes de nouveau seul face à nous même, avec nos peurs et nos doutes. Comme une religion, debout! nous a ouvert les bras, nous a compris, pardonnés, écoutés comme un curé dans son confessionnal. Je me rappelle aujourd’hui, par nécessité ou par envie, le manque et l’absence que me laisse cette époustouflante exposition, qui résonne encore aujourd’hui dans mes plaies à moitié ouvertes.

 

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